Le dernier voyage

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Emporté par le mouvement du pinceau sur la toile comme un navire
sur la mer, par vent calme ou vents forts proches de la tempête
lentement j’approche de la terre que j’avais quitté depuis des mois.
Le voyage fut quelque peu éprouvant , mais teinté de paysages,
de décors magnifiques que j’eu peine à reproduire le plus fidèlement
possible, leurs impressions restent en moi.
Et maintenant que j’approche de la terre ferme,
cette mer d’huile , aux reflets clairs obscurs me laisse encore
avec l’appréhension que son absence pourrait me faire chavirer…

Là où la musique me porte…

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Emporté par les sons d’un adagio, quittant la terre, le sol qui en est la clef, je m’elève entre deux portées chargées de fragments mélodiques.
Je flotte entre ciel et eau au-dessus du fleuve sinueux qui lentement s’écoule vers la mer, le clapotis des notes de piano en prémices de vagues violines.
Le gong m’avertit du danger alors que je m’approche dangereusement de la roche qui s’effrite, la mélodie sans arrêtes ni aspérités me guide entre les deux flancs érodés par les vents et m’entraîne vers l’horizon voluté de nuages pourpres.
Une poussée d’octaviation m’élève encore un peu plus et l’air qui m’ennivre me fait du bien. Un autre gong me rappelle l’équilibre instable de ma nacelle d’osier, hors de portée, alors je me replace entre les deux falaises striées et écarte mes bras afin de les relier d’une accolade, mais peu à peu elles s’écartent, s’éloignent l’une de l’autre et le fleuve se deltarise, promesse à l’océan, vaste et calme.
Alors mes bras ainsi déployés, j’accueille cet air parfumé d’odeurs marines et j’inspire, j’emprisonne, de peur d’en manquer, le laisse s’échapper pour enfin le respirer.
Et, sous les gongs maintenant approbateurs, les vents chargés de nuances de harpe me portent vers l’horizon, là où le bleu marine effleure le bleu du ciel…

Jeremy Collin Ebéniste , mon fils et ses réalisations

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Suis fier de lui

Le vieil homme, le puits et la fée

 

Il était une fois un vieil homme qui pleurait devant son puits asséché, de grosses larmes qui ne permettaient pas de faire revenir cette eau dont il avait besoin.
Une fée triste vint se poser sur la pierre, attendrie par tant de peine.
L’homme d’abord surpris lui demanda pourquoi elle-même avait l’air si triste.
Et de conter son malheur, sa baguette magique perdue, redonna au vieil homme l’entrain à la tâche , en bon luthier qu’il était.
N’étant pas érudit des secrets des mages, à la place de baguette c’est une mandoline qu’il lui fabriqua.
Il attendit la fée sans verser de larmes, mais plein d’espoir pour ceux qui auraient la chance d’entendre la muse jouer.
Pour qu’elle puisse la transporter il a pensé à l’habiller d’ailes couleur ciel à l’abris des cordes.
Ainsi la fée , le plus heureux des sourires aux lèvres s’envola avec son instrument magique.
Aujourd’hui encore, quand certains pleurent, une douce musique venant du vent, vient les réconforter…

Céline, notre fille chérie

Tu nous disais tes douleurs
je te disais « donnes-les moi »
tu répondais « je ne peux pas papa »

Ton dernier SMS disait que tu viendrais chercher des cerises lol
je ne savais pas qu’elle existait cette variété.

Tu n’es pas venue, saches que chaque année quand ton cerisier
sera en fleurs, nous nous préparerons à en cueillir pour toi et
pour toutes celles et ceux qui t’ont tant apprécié.

Je garde une des plus belles choses de toi,
ton bonheur et ta joie quand tu partais
animer les colos, et je t’accompagnais
au train, heureux de te voir partir
avec le sourire.

Le train que tu prends là n’a pas de retour
mais là où tu te rends les anges
veilleront sur toi.

Papa et Maman

La place du Tertre Montmartre

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Assis à la terrasse du café « Au Petit Comptoir » je recueille mes premières impressions. C’est après l’orage, le soleil réapparaissant que cet endroit s’apparente si bien à un arc-en-ciel, les couleurs étant maîtresses de ce lieu. Pas un instant, le gris n’a sa place, le tabouret de l’artiste, la palette, la toile naissante, tout est couleur, du bleu pastel au rouge vif, déposée délicatement ou projetée avec force, chacun tentant d’immortaliser l’instant de son empreinte subconsciente, cherchant à raconter son coeur, de le fixer au liant sur un bout de toile blanche, à croire que le blanc n’y a pas sa place non plus…
Ici le bleu est roi, le rouge coquelicot cotoie un vert sinople sous un jaune impérial qu’une ombrelle tente d’aténuer, tenue par une silhouette sans visage et dont les jambes semblent issues du pavé plutôt que de l’imagination nuancée du peintre.
Il règne un silence, prèsque religieux dû peut-être à la proximité du Sacré-Coeur, drôle de nom pour une basilique, silence toutefois interronpu par le bruit des tasses de café ramassées au comptoir. Ou alors ce silence est-il la conséquence de la concentration des artistes penchés sur leur carré de blanc restant, pressés de le faire disparaître, ayants la même phobie que l’écrivain devant sa page blanche, que le compositeur devant ses rangées de lignes vides?
L’odeur des tubes de couleur se mèle aux parfums des passants donnant à la toile à peine finie un réalisme que l’auteur se dépêche de vernir pour en emprisonner le souvenir, c’est qu’ils ont des sacrés coeurs aussi, ces artistes…
Je repose délicatement ma tasse sur sa soucoupe, de peur de rompre l’harmonie de cet air qui trotte dans ma tête, je ferme les yeux , lève la tête vers le soleil, et prend une longue inspiration, pour que comme le vernis sur les toiles, ma mémoire fixe cette fresque musicale encore fraîche…

La ruelle des mots passants

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A faire les cent pas devant le passage, à regarder la lueur au bout de la ruelle

sans l’empreinter, ta vie n’est que rêves, dépendances et déceptions.

Si toutefois un jour tu t’y engages, n’aie pas peur,

de l’eau de la gouttière qui pourrait couler sur tes pieds

que des portes restent fermées, d’autres s’ouvriront…

des fenêtres, quelqu’un pourra te dire bonjour

de la voûte, elle est solidement ancrée de chaque côté

de la nuit, la lanterne veille

du silence, il est propice en cet instant

des odeurs, on a rajouté des fleurs

de ces mots, ils ne font que passer comme toi

mais ils t’accompagnent,

 

 

 

 

Sur le chemin qui me mène vers l’endroit où je dois me rendre, j’ai rencontré…

Sur le chemin qui me mène vers l'endroit où je dois me rendre, j'ai rencontré... chouette-136x150

Sur le chemin qui me mène vers l’endroit où je dois me rendre j’ai rencontré un libraire à houpette qui voulait acceder à l’immortalité pour défendre son metier et tous ses amis libraires.
La troupe qui l’accompagnait était de tout coeur avec lui, je décidais donc de faire un bout de chemin avec eux. J’ai fais connaîssance avec voisine, qui me disais bonjour et bonsoir chaque jour et me parlait de l’espace, puis j’ai rencontré Cigale qui nous chantait l’été et mettait un peu de soleil au dessus de cette route, nous avons ensuite rencontré une petite fleur qui aimait danser, bein oui les petites fleurs dansent aussi. Quand le soir pointait, Chouette arrivait battant des ailes avant de se poser sur le toit du vieux wagon en bois afin de nous assurer un bon repos en veillant sur nous.
Pendant des jours et des jours nous avons avancé, accompagnant notre libraire, le groupe grossissant, suivant des yeux la houpette au loin et se nourissant de gouters canadiens.

Aujourd’hui notre libraire n’est pas à l’académie, non mais en quelque sorte il a atteint l’immortalité, la conscience mutuelle que nos libraires, comme les livres doivent être éternels.
Et moi je continue ma route, pensant à voisine qui me disait « merci voisin », le son que nous jouait Cigale encore logé dans mes oreilles, le rêve d’une danse avec petite fleur près du coeur.
Et quelque fois la nuit, j’entends Chouette pousser un cri qui me rassure, elle veille encore sur elles.

Vous êtes libres de croire ou pas en cette histoire, mais si d’aventure vous courrez plutôt chez votre libraire pour trouver une belle et captivante histoire, que vous lui demandez s’il est vrai qu’un de leur confrère à houpette est devenu immortel, que si en y allant vous croisez votre voisin ou votre voisine et que vous vous arrêtez un peu pour dire bonjour, que si le soleil brille il vous rapelle le chant de la cigale, pourquoi ne pas immaginer alors qu’un jour un petit écureuil danse avec une fleur…

Des choses et des gens

Plusieurs fois je suis retourné vers cette rivière, ce coin où l’on jette des pièces en faisant des vœux qui se réalisent parfois, mais en vain, rien, plus de nouvelles. Jusqu’au jour où un petit écureuil vint près de moi alors que j’étais dans mes pensées. Surpris qu’il s’approche aussi près de moi, mais alors quel choc quand il s’adressa à moi:

« Bonjour mon ami, tu as l’air triste, depuis quelques temps je t’observe, tu es là mais sans être là vraiment »  me dit-il avec le sourire et les deux dents dehors…

 

  »Ah bon et depuis quand m’observes tu? »

« Depuis que tu viens ici, et à chaque fois je t’ai vu jeter quelque chose dans cette rivière, tellement de fois qu’un moment j’ai eu peur que tu y construises un barrage!!! Tu es tellement ailleurs que tu ne vois même pas les choses autour de toi, pourquoi es-tu si triste »

« Je ne suis pas triste, je suis concentré »

« Concentré mais ailleurs, comme si tu avais perdu quelqu’un ou quelque chose »

« J’ai une amie, avec elle nous avons construit une pyramide sur un socle si solide que des peuples entiers pourraient s’y réunir pour fraterniser, elle m’a appris à ouvrir ses bras et son cœur. Mais le destin l’a guidé sur un autre chemin »

« Et tu l’a laissé partir? »  …..les deux dents dehors

«  Je n’ai pas cherché à la retenir bien au contraire, il y a tant d’autres pyramides à construire encore »

« J’aimerai tant la connaître, ton amie, tu as l’air de beaucoup l’apprécier, raconte moi »

« Elle vient d’un pays qui s’appelle la Turquie, d’une région où les gens cultivent des noisettes magiques, si magiques que ceux qui en mangent ne veulent plus partir, elle m’a parlé d’Istanbul, la belle, la magnifique, celle qui envoûte les âmes en leur dévoilant ses monuments sacrés, ses salles voutées, ses rues en pente et leurs escaliers et que le Bosphore traverse paré de ponts, flanqué de ses deux magnifiques rives, orné d’une corne pointée vers l’orient »

 

 

« Si tu y vas un jour, dis tu m’emmèneras avec toi? »

« J’irai un jour, mais ce jour sera lointain, je ne puis pour le moment »

« Alors dis-moi le chemin car moi j’ai envie de le découvrir maintenant que tu m’en a parlé »

« Tu sais l’écureuil, pour toi ce sera un long et périlleux voyage, tu devras parcourir les terres, traverser des mers, mais tu rencontreras pleins de paysages, de visages. Si c’est ton souhait alors vas-y et si malgré tout un jour tu reviens, s’il te plait viens me raconter ton séjour, parle moi des gens, des choses, des couleurs et des parfums »

« Bien, je te laisse maintenant, avec ta tristesse, mais ça me fais de la peine » 

« Je ne suis pas triste, je suis concentré, concentré sur l’avenir, va et prends soin de toi »

« Il n’est effectivement pas encore temps pour toi de partir, tu ne prends pas assez le temps de voir les gens et les choses autour de toi, tu penses trop à l’avenir au lieu de penser au temps présent »  me dit-il…….les deux dents dehors en s’en allant.

Je me demande ce qu’il voulait dire :

« Je dois prendre le temps de voir les gens et les choses autour de moi »

Et là je compris

« Je dois d’abord apprendre à voir avec mes yeux et mon cœur, écouter, sentir, toucher et ressentir pour apprécier, prendre le temps, ne pas y aller pour aller mais être prêt et partir pour aimer »

 

Depuis je retourne souvent dans cet endroit magique, je ne vois plus notre ami l’écureuil, je fais toujours des vœux pour nos familles, nos amis, nos frères malades mais je ne jette plus de cailloux dans l’eau de peur de faire un barrage. Je prend le temps de toucher le cailloux que je ne jette pas, le sens , observe sa forme et sa couleur, teste sa dureté et le repose à sa place en prenant soin de ne pas gêner la fourmi qui cherche sa nourriture. Je sens le vent, l’entend et la chaleur du soleil me réchauffe la peau. Les couleurs des arbres et des fleurs s’harmonisent du son de ce petit ruisseau dont l’eau claire file vers la mer, se rapprochant doucement de l’endroit où je dois me rendre, la lune en croissant pour repère et la corne d’or en fin.

« Je crois que j’ai appris à voir les choses et à les aimer »   dis-je tout haut pensant que des gens étaient là….Mais personne, le désert 

« Je crois que je dois apprendre à voir les gens maintenant »  dis-je tout haut aux choses…

 

Notre ami l’écureuil

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  Plusieurs fois  je suis retourné vers cette rivière, ce coin où l’on jette des pièces en faisant des voeux qui se réalisent parfois, mais en vain, rien, plus de nouvelles.Jusqu’au jour où un petit écureuil vint près de moi alors que j’étais dans mes pensées.Surpris qu’il s’approche aussi près de moi, mais alors quel choc quand il s’adressa à moi:

« bonjour mon ami, tu as l’air triste, depuis quelques temps je t’observe, tu es là mais sans être là vraiment »  me dit-il avec le sourire et les deux dents dehors…

   »ah bon et depuis quand m’observes tu? »

« Depuis que tu viens ici, et à chaque fois je t’ai vu jeter quelque chose dans cette rivière, tellement de fois qu’un moment j’ai eu peur que tu y construise un barrage!!! Tu es tellement ailleurs que tu ne vois même pas les choses autour de toi, pourquoi es-tu si triste »

« Je ne suis pas triste, je suis concentré »

« Concentré mais ailleurs, comme si tu avais perdu quelqu’un ou quelque chose »

« J’ai une amie, avec elle nous avons construit une pyramide sur un socle si solide que des peuples entiers pourraient s’y réunir pour fraterniser, elle m’a appris à ouvrir ses bras et son coeur. Mais le destin l’a guidé sur un autre chemin »

« Et tu l’a laissé partir? »  …..les deux dents dehors

«  je n’ai pas cherché à la retenir bien au contraire, il y a tant d’autres pyramides à construire encore »

« J’aimerai tant la connaître, ton amie, tu as l’air de beaucoup l’apprécier, raconte moi »

« Elle vient d’un pays qui s’appelle la Turquie, d’une région où les gens cultivent des noisettes magiques, si magiques que ceux qui en mangent ne veulent plus partir »

« Si tu y vas un jour, dis tu m’emmenera avec toi? »

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« J’irai un jour, mais ce jour sera lointain, je ne puis pour le moment »

« Alors dis-moi le chemin car moi j’ai envie de le découvrir maintenant que tu m’en a parlé »

« Tu sais l’écureuil, pour toi ce sera un long et périlleux voyage, tu devras parcourir les terres, traverser des mers, mais tu rencontrera pleins de paysages, de visages. Si c’est ton souhait alors vas-y et si malgré tout un jour tu reviens, s’il te plait viens me raconter ton séjour, parle moi des gens, des choses, des couleurs et des parfuns, et du goût de ces noisettes »

« Bien, je te laisse maintenant, avec ta tristesse, mais ça me fais de la peine » 

« Je ne suis pas triste, je suis concentré, concentré sur l’avenir, va et prends soin de toi »

« il n’est effectivement pas encore temps pour toi de partir, tu ne prends pas assez le temps de voir les gens et les choses autour de toi, tu penses trop à l’avenir au lieu de penser au temps présent »  me dit-il…….les deux dents dehors en s’en allant.

Je me demande ce qu’il voulait dire :

« Je dois prendre le temps de voir les gens et les choses autour de moi »

et là je compris

« Je dois d’abord apprendre à voir avec mes yeux et mon coeur, écouter, sentir,toucher et ressentir pour apprécier,prendre le temps, ne pas y aller pour aller mais être prêt et partir pour aimer »

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Depuis je retourne souvent dans cet endroit magique, je ne vois plus notre ami l’écureuil, je fais toujours des voeux pour nos familles, nos amis, nos frères malades mais je ne jette plus de cailloux dans l’eau de peur de faire un barrage. Je prend le temps de toucher le cailloux que je ne jette pas, le sens , observe sa forme et sa couleur, teste sa dureté et le repose à sa place en prenant soin de ne pas gèner la fourmi qui cherche sa nourriture. Je sens le vent, l’entend et la chaleur du soleil me réchauffe la peau. Les couleurs des arbres et des fleurs s’harmonisent du son de ce petit ruisseau dont l’eau claire file vers la mer, se rapprochant doucement de l’endroit où je dois me rendre.

« Je crois que j’ai appris à voir les choses et à les aimer »   dis-je tout haut pensant que des gens étaient là….Mais personne, le désert.

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« Je crois que je dois apprendre à voir les gens maintenant »  dis-je tout haut aux choses…

merci

Chanson de Juliette Tourret « On grandit »
Julnowhere

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