Nuances de pourpre

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L’horizon se confond entre deux nuances de pourpre,
sur une mer d’huile dont les vagues gris de Payne
semblent peu ou prou caressées de reflets blancs de titane.
Une voile hissée , vent en poupe , ou en proue selon
l’orientation sensorielle de l’observateur,
désir de voyage ou attente d’un retour,
nuance…

differents mais ensemble

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Peindre pour moi c’est une recherche , une expérimentation , quelque fois une découverte , de l’émotion. D’autres fois une déception due à un loupé , une touche de trop impossible à rattraper, une toile gâchée .
Une palette restreinte certes , blanc de titane et gris de Payne que les mouvements cherchent à étreindre , le blanc se trouvant trop brillant voulant consoler le gris d’être en peine.
Différents mais ensemble , couchés en clair-obscur sur la toile, unis sans être unité , chacun cherchant à sublimer l’autre en le reflétant …

Le dernier voyage

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Emporté par le mouvement du pinceau sur la toile comme un navire
sur la mer, par vent calme ou vents forts proches de la tempête
lentement j’approche de la terre que j’avais quitté depuis des mois.
Le voyage fut quelque peu éprouvant , mais teinté de paysages,
de décors magnifiques que j’eu peine à reproduire le plus fidèlement
possible, leurs impressions restent en moi.
Et maintenant que j’approche de la terre ferme,
cette mer d’huile , aux reflets clairs obscurs me laisse encore
avec l’appréhension que son absence pourrait me faire chavirer…

Là où la musique me porte…

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Emporté par les sons d’un adagio, quittant la terre, le sol qui en est la clef, je m’elève entre deux portées chargées de fragments mélodiques.
Je flotte entre ciel et eau au-dessus du fleuve sinueux qui lentement s’écoule vers la mer, le clapotis des notes de piano en prémices de vagues violines.
Le gong m’avertit du danger alors que je m’approche dangereusement de la roche qui s’effrite, la mélodie sans arrêtes ni aspérités me guide entre les deux flancs érodés par les vents et m’entraîne vers l’horizon voluté de nuages pourpres.
Une poussée d’octaviation m’élève encore un peu plus et l’air qui m’ennivre me fait du bien. Un autre gong me rappelle l’équilibre instable de ma nacelle d’osier, hors de portée, alors je me replace entre les deux falaises striées et écarte mes bras afin de les relier d’une accolade, mais peu à peu elles s’écartent, s’éloignent l’une de l’autre et le fleuve se deltarise, promesse à l’océan, vaste et calme.
Alors mes bras ainsi déployés, j’accueille cet air parfumé d’odeurs marines et j’inspire, j’emprisonne, de peur d’en manquer, le laisse s’échapper pour enfin le respirer.
Et, sous les gongs maintenant approbateurs, les vents chargés de nuances de harpe me portent vers l’horizon, là où le bleu marine effleure le bleu du ciel…

Jeremy Collin Ebéniste , mon fils et ses réalisations

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Suis fier de lui

Le vieil homme, le puits et la fée

 

Il était une fois un vieil homme qui pleurait devant son puits asséché, de grosses larmes qui ne permettaient pas de faire revenir cette eau dont il avait besoin.
Une fée triste vint se poser sur la pierre, attendrie par tant de peine.
L’homme d’abord surpris lui demanda pourquoi elle-même avait l’air si triste.
Et de conter son malheur, sa baguette magique perdue, redonna au vieil homme l’entrain à la tâche , en bon luthier qu’il était.
N’étant pas érudit des secrets des mages, à la place de baguette c’est une mandoline qu’il lui fabriqua.
Il attendit la fée sans verser de larmes, mais plein d’espoir pour ceux qui auraient la chance d’entendre la muse jouer.
Pour qu’elle puisse la transporter il a pensé à l’habiller d’ailes couleur ciel à l’abris des cordes.
Ainsi la fée , le plus heureux des sourires aux lèvres s’envola avec son instrument magique.
Aujourd’hui encore, quand certains pleurent, une douce musique venant du vent, vient les réconforter…

Céline, notre fille chérie

Tu nous disais tes douleurs
je te disais « donnes-les moi »
tu répondais « je ne peux pas papa »

Ton dernier SMS disait que tu viendrais chercher des cerises lol
je ne savais pas qu’elle existait cette variété.

Tu n’es pas venue, saches que chaque année quand ton cerisier
sera en fleurs, nous nous préparerons à en cueillir pour toi et
pour toutes celles et ceux qui t’ont tant apprécié.

Je garde une des plus belles choses de toi,
ton bonheur et ta joie quand tu partais
animer les colos, et je t’accompagnais
au train, heureux de te voir partir
avec le sourire.

Le train que tu prends là n’a pas de retour
mais là où tu te rends les anges
veilleront sur toi.

Papa et Maman

La place du Tertre Montmartre

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Assis à la terrasse du café « Au Petit Comptoir » je recueille mes premières impressions. C’est après l’orage, le soleil réapparaissant que cet endroit s’apparente si bien à un arc-en-ciel, les couleurs étant maîtresses de ce lieu. Pas un instant, le gris n’a sa place, le tabouret de l’artiste, la palette, la toile naissante, tout est couleur, du bleu pastel au rouge vif, déposée délicatement ou projetée avec force, chacun tentant d’immortaliser l’instant de son empreinte subconsciente, cherchant à raconter son coeur, de le fixer au liant sur un bout de toile blanche, à croire que le blanc n’y a pas sa place non plus…
Ici le bleu est roi, le rouge coquelicot cotoie un vert sinople sous un jaune impérial qu’une ombrelle tente d’aténuer, tenue par une silhouette sans visage et dont les jambes semblent issues du pavé plutôt que de l’imagination nuancée du peintre.
Il règne un silence, prèsque religieux dû peut-être à la proximité du Sacré-Coeur, drôle de nom pour une basilique, silence toutefois interronpu par le bruit des tasses de café ramassées au comptoir. Ou alors ce silence est-il la conséquence de la concentration des artistes penchés sur leur carré de blanc restant, pressés de le faire disparaître, ayants la même phobie que l’écrivain devant sa page blanche, que le compositeur devant ses rangées de lignes vides?
L’odeur des tubes de couleur se mèle aux parfums des passants donnant à la toile à peine finie un réalisme que l’auteur se dépêche de vernir pour en emprisonner le souvenir, c’est qu’ils ont des sacrés coeurs aussi, ces artistes…
Je repose délicatement ma tasse sur sa soucoupe, de peur de rompre l’harmonie de cet air qui trotte dans ma tête, je ferme les yeux , lève la tête vers le soleil, et prend une longue inspiration, pour que comme le vernis sur les toiles, ma mémoire fixe cette fresque musicale encore fraîche…

La ruelle des mots passants

A faire les cent pas devant le passage, à regarder la lueur au bout de la ruelle

sans l’empreinter, ta vie n’est que rêves, dépendances et déceptions.

Si toutefois un jour tu t’y engages, n’aie pas peur,

de l’eau de la gouttière qui pourrait couler sur tes pieds

que des portes restent fermées, d’autres s’ouvriront…

des fenêtres, quelqu’un pourra te dire bonjour

de la voûte, elle est solidement ancrée de chaque côté

de la nuit, la lanterne veille

du silence, il est propice en cet instant

des odeurs, on a rajouté des fleurs

de ces mots, ils ne font que passer comme toi

mais ils t’accompagnent,

 

 

 

 

Sur le chemin qui me mène vers l’endroit où je dois me rendre, j’ai rencontré…

Sur le chemin qui me mène vers l’endroit où je dois me rendre j’ai rencontré un libraire à houpette qui voulait acceder à l’immortalité pour défendre son metier et tous ses amis libraires.
La troupe qui l’accompagnait était de tout coeur avec lui, je décidais donc de faire un bout de chemin avec eux. J’ai fais connaîssance avec voisine, qui me disais bonjour et bonsoir chaque jour et me parlait de l’espace, puis j’ai rencontré Cigale qui nous chantait l’été et mettait un peu de soleil au dessus de cette route, nous avons ensuite rencontré une petite fleur qui aimait danser, bein oui les petites fleurs dansent aussi. Quand le soir pointait, Chouette arrivait battant des ailes avant de se poser sur le toit du vieux wagon en bois afin de nous assurer un bon repos en veillant sur nous.
Pendant des jours et des jours nous avons avancé, accompagnant notre libraire, le groupe grossissant, suivant des yeux la houpette au loin et se nourissant de gouters canadiens.

Aujourd’hui notre libraire n’est pas à l’académie, non mais en quelque sorte il a atteint l’immortalité, la conscience mutuelle que nos libraires, comme les livres doivent être éternels.
Et moi je continue ma route, pensant à voisine qui me disait « merci voisin », le son que nous jouait Cigale encore logé dans mes oreilles, le rêve d’une danse avec petite fleur près du coeur.
Et quelque fois la nuit, j’entends Chouette pousser un cri qui me rassure, elle veille encore sur elles.

Vous êtes libres de croire ou pas en cette histoire, mais si d’aventure vous courrez plutôt chez votre libraire pour trouver une belle et captivante histoire, que vous lui demandez s’il est vrai qu’un de leur confrère à houpette est devenu immortel, que si en y allant vous croisez votre voisin ou votre voisine et que vous vous arrêtez un peu pour dire bonjour, que si le soleil brille il vous rapelle le chant de la cigale, pourquoi ne pas immaginer alors qu’un jour un petit écureuil danse avec une fleur…

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